Présentation de l'espèce

Pigeon ramier
Columba palumbus

Ordre : Columbiformes
Famille : Columbidés

L'image la plus immédiate du Pigeon ramier est certainement celle des grands vols bleu-gris filant vers l'Espagne par un beau jour d'octobre-novembre. Ces déferlements spectaculaires représentaient une manne bien attirante. Ils suscitent encore la convoitise des chasseurs, certains vouant même à la "Palombe" une passion dont elle se passerait sans doute : 70 000 oiseaux tués dans notre région en 1983/84 (Chambolle, 1986).

Migrateur régulier, hivernant avec des effectifs fluctuant en fonction de l'abondance des glands, les Pigeons ramiers nichent aussi chez nous. La carte de répartition illustre parfaitement l'écologie de l'espèce : le Ramier aime l'alternance de prairies, de champs, de haies et de bosquets où il trouve facilement le erre et le couvert. Le bocage marchois lui est donc particulièrement favorable. Par contre, il fuit les boisements denses et continus.

Aussi, est-il absent ou très rare dans la plus grande partie de la Corrèze. Ce statut ne semble pas nouveau, bien qu'un accroissement du nombre des nicheurs soit probable.

D'Abadie notamment le considérait assez nombreux en période de reproduction ; il notait aussi le fait que le Pigeon ramier peut nicher tout près des habitations. Cette hardiesse ne se traduit pas encore chez nous par des nidifications urbaines comme c'est le cas dans beaucoup de villes plus au nord.

Les appariements, accompagnés de force démonstrations très ritualisées, débutent dès la fin de février et surtout en mars. C'est le moment où les mâles roucoulent avec ardeur et se livrent à des vols en festons. En avril, deux oeufs sont pondus sur un amoncellement désordonné de branches souvent bien dissimulé dans le lierre d'un gros arbre, parfois à quelques mètres de haut seulement.

L'incubation, assurée principalement par la femelle, puis l'élevage partagé par les deux partenaires, durent plus de 50 jours. Deux nichées successives constituent la règle, il peut même y avoir une troisième tentative. C'est ainsi que des jeunes en duvet ont été observés jusqu'en fin septembre